Les trois semaines suivantes furent intenses.
Le matin, je bossais avec Sorin en faisant plusieurs Expériences.
L'après-midi, je gérais le domaine avec le canal, les récoltes et l'alcool.
Le soir, Lise est venue. On parlait et on riait. Elle restait parfois dormir dans la chambre d'amis, mais la tension entre nous grandissait.
Chacun de nos regards durait un peu plus longtemps et chaque contact accidentel avec moi faisait quelque chose.
je savais qu'elle ressentait la même chose mais on en parlait pas, ce n'était pas le moment.
Avec Sorin, j’avan?ais lentement.
Après trois semaines d'expériences, j'avais noté plusieurs trucs importants.
La première a choisi c'était que la magie épuise le corps et ?a peu importer le mage. C'est comme un muscle. Plus tu l'utilises, plus tu te fatigues.
Deuxième choix, la quantité de magie varie d'un mage à l'autre. Sorin pouvait maintenir une flamme pendant dix minutes tandis qu'un autre pyromancien que j'avais testé qui était au passage un gamin de quinze ans, de surcroit, apprenti forgeron lui, tenait à peine deux minutes.
Troisième choix, la récupération prend du temps. Après avoir épuisé sa magie, Sorin avait besoin de beaucoup dormir. Genre douze heures minimum.
Quatrième a choisi ,l'intensité se contr?le mais ?a exige de la concentration. Une distraction, et paf, la flamme vacille ou s'éteint.
J'ai également essayé de mesurer la température exacte des flammes de Sorin avec mon thermomètre bricolé.
Résultat : environ 800 degrés Celsius pour une flamme normale. C'est moins chaud qu'un feu de bois classique qui peut monter à 1200 degrés, mais suffisant pour faire fondre du plomb ou chauffer de l'eau rapidement.
Intéressant.
? Monseigneur, dit Sorin un matin, je peux vous poser une question ? ?
? Vas-y. ?
? j'ai déjà demandé mais pourquoi faites-vous tout ?a ? Ces mesures, ces expériences. à quoi ?a sert vraiment ? ?
Bonne question.
? Un jour, cette connaissance me servira peut-être à améliorer les forges ou créer de nouvelles machines. Ou… comprendre le monde. ?
Il hocha la tête. ? Vous êtes bizarre, Monseigneur. Mais… je vous aime bien. Personne ne m'a jamais demandé comment ma magie marchait. en général les gens se contentent de l'utiliser. ?
? C'est parce que les gens ne posent pas assez de questions. ?
? Vous, par contre vous en posez trop. ?
J'ai ri. ? Ouais probablement. ?
Un soir, deux semaines avant le bal, Lise arrive avec un grand paquet.
? C'est quoi ? ? ai-je demandé.
? Votre costume. ?
Elle le déballa et c'était magnifique.
une veste longue en laine noire avec des broderies discrètes sur les bords , accompagnée d'une chemise blanche en soie ,un pantalon noir ajusté et une ceinture en cuir avec une boucle en argent.
? Lise… c'est… ?
? Essayez le. ?
? Maintenant ? ?
? Oui. Il faut vérifier si ?a vous va bien . ?
? D'accord. ?
Je suis monté dans ma chambre et j'ai enfilé le costume.
?a tombait parfaitement.
La veste épousait mes épaules, le pantalon ne me serrait pas et la chemise…. La chemise était douce.
Je suis redescendu.
Lise-moi regarder, la bouche légèrement ouverte.
? Alors ? ? ai-je dit.
Elle n'a répondu pas mais se contenta de me fixer.
? Lise ? ?
? Vous… vous êtes… ? Elle chercha ses mots. ? Très bien. Vraiment très bien. ?
J'ai rougi. ? Merci. ?
Elle s'approcha, ajusta le col de ma chemise et ses doigts effleurèrent mon cou.
Je me suis figé et elle aussi.
On se regarde, avec seulement dix centimètres entre nous.
je pourrais sentir son souffle léger .
? Lise… ? je murmurai.
? Oui ? ?
? Je… ?
La porte s'ouvre. Gregor entre.
? Monseigneur, pardon, mais il y a un problème avec… ? Il s'arrête et nous regardons. " Oh. Pardon. Je… Je reviens plus tard. ?
Il est sorti très vite.
Lise recula toute rouge.
? Je… je devrais y aller ?, dit-elle.
? Oui. Probabilité. ?
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Elle prend son sac. ? à demain ? ?
? à demain. ?
Elle partit et Je suis resté là, le c?ur battant.
Poutain. Qu'est-ce qui vient de se passer ?
Le lendemain, on en parla pas, on fit comme si de rien n'était et on est retourné à notre routine habituelle.
Mais la tension entre nous était plus forte qu'avant.
? Vous avez préparé les bouteilles pour le bal ? ? demanda Lise.
? Presque. J'en fais cinquante version édition spéciale. ?
? édition spéciale ? ?
? Oui. une distillation double, pour une boisson plus pure et plus forte dans des Bouteilles en verre bleu foncé et un sceau en cire dorée. ?
Elle sourit. ? Vous apprenez vite. ?
? J'ai une bonne prof. ?
Elle rougit .
? Combien comptez-vous les vendre ? ?
? Cinq couronnes pièce. ?
Elle siffla. ? Ambitieux. ?
? C'est un bal royal et les nobles ont de l'argent. ?
? Oui mais ils sont aussi radins. ?
? On verra. ?
Deux jours avant le bal, je finis les cinquante bouteilles.
C'était du beau travail.
Eau-de-vie Rothfeld, édition Royale, Distillée avec excellence.
? C'est parfait ?, dit Lise en les admirant.
? Merci. ?
? Non, vraiment. ? Elle en prend une et la fit tourner dans la lumière. ? C'est magnifique. Ils vont se les arracher. ?
? J'espère. ?
? Vous en doutez ? ?
? Toujours. ?
Elle rit. ? Vous êtes bizarre. ?
? ?a tu me l'as déjà dit. ?
Elle s'arrête et me regarde.
? Vous venez de me tutoyer. ?
Merde.
? Euh… oui. Pardon. Je… ?
? Non. ? Elle sourit. ? J'aime bien continuer. Enfin… continuez. ?
Un silence.
? D'accord, ? ai-je dit.
? D'accord. ?
On se regarde encore.
aaah, cette tension. Cette putain de tension.
? Lise… ?
? Oui ? ?
? Est-ce que… est-ce que tu ressens… ? ?
Elle pose la bouteille. et s'approche.
? Oui. ?
? Oui quoi ? ?
? Oui, je sens la même chose. ? Elle me regardait droit dans les yeux. ? Depuis des semaines. ?
? Moi aussi. ?
? Alors pourquoi on en parle pas ? ?
? Parce que… j'sais pas. C'est compliqué ? ?
? Compliqué comment ? ?
? Tu es… toi. Je suis… moi. Un noble avec un domaine et des responsabilités. Et toi, tu as tes affaires et ta vie. ?
? Et alors ? ?
? Et alors… je ne veux pas gacher ce qu'on a. Notre… amitié et notre… partenariat. ?
Elle sourit, tristement. ? Tu crois vraiment que c'est juste une amitié ? ?
? Non. ?
? Alors ? ?
? Alors… j'ai peur. ?
? De quoi ? ?
? De tout foutre en l'air. ?
Elle pose sa main sur ma joue. Sa main était douce et chaude.
? Alaric, ? dit-elle doucement, ? tu ne peux pas tout contr?ler. Parfois, il faut juste… lacher prise. ?
? Je ne sais pas faire ?a. ?
? Alors, apprenez. ?
Elle se pencha vers moi, j'avais ses lèvres à deux centimètres des miennes, mon c?ur battait fort.
Et puis, on entendit des cris dehors et on se sépare instantanément.
? Qu'est-ce que… ? ? commen?a Lise.
Je courais vers la fenêtre. Dehors, les paysans pointaient de la fumée.
c'était de la fumée noire assez épaisse.
? Merde, ? je murmurai.
Je suis sorti en courant et lise me suivit.
C'était le champ nord, avec les Cinquante hectares de blé, prêts à être réalisés qui étaient en feu.
on avait affaire à un énorme brasier.
? Poutain ! ? je crie. ? De l'eau ! Maintenant ! ?
Les paysans coururent, apportèrent des Seaux, des charrettes, tout ce qu'ils découvrent.
? Sorin ! ? je hurlai. ? Où est Sorin ?! ?
Il arrive en courant. ? Monseigneur ! ?
? éteins ?a ! ?
? Je… je peux essayer mais c'est trop gros je ne vais pas tenir longtemps. ?
? Fais ce que tu peux ! ?
Il lève les mains et se concentre.
Le feu diminue, légèrement.
? Il faut plus de mages ?, dit Lise derrière moi.
? J'en ai qu'un. ?
? Alors trouve-en d'autres. Vite. ?
J'ai regardé autour, il n'y avait aucun mage parmi les paysans.
Merde.
? Grégor ! ?ai-je crié.? Va à Falkenbourg et trouve des mages ! Paie ce qu'il faut et ramène les ici !?
? Tout de suite, Monseigneur ! ?
Il partit au galop.
Sorin continuait de diminuer le feu mais il se fatiguait vite.
? Monseigneur… je… je n'en peux plus… ?
? Tiens encore un peu s'il te pla?t. ?
Il serra les dents et continua, dix minutes puis s'effondra.
? Sorin ! ?
Je courais vers lui. Il était complètement vide.
? Pardon… monseigneur… j'ai… essayé… ?
? Tu as bien fait. Repose toi. ?
Je l'ai porté à l'ombre et Lise apporte de l'eau.
Une heure plus tard, Gregor revient avec trois mages.
Deux pyromanciens et un aquamancien.
? éteignez ?a ?, j'ai ordonné.
Ils travaillèrent ensemble pendant quinze minutes et le feu s'éteignit complètement.
Mais le mal était fait. Cinquante hectares de blé détruits .
Des mois de travail, partis en fumée Littéralement.
Cette nuit-là, je m'assis dans mon bureau la tête entre les mains.
Lise entre et s'assit à c?té de moi.
? Combien d'argent tu as perdu ? ? demanda-t-elle doucement.
? Environ… deux cents couronnes de récolte. Peut-être plus. ?
? A?e. ?
? Ouais. ?
? Comment c'est arrivé ? ?
? Je ne sais pas. Peut-être la foudre, ou un paysan qui a fumé trop près. Ou… j'en sais rien ? Je soupirai. ? Peu importe. C'est foutu. ?
Elle pose sa main sur la mienne.
? Tu vas t'en sortir. ?
? Comment tu le sais ? ?
? tu t'en es toujours sorti. ?
? Cette fois, c'est différent. ?
? Non. C'est pareil, c'est un problème donc tu le résout. C'est ta spécialité. ?
Je l'ai regardé. ? Tu as confiance en moi. ?
? évidemment. ?
? Pourquoi ? ?
? Parce que tu es l'homme le plus têtu que je connaisse. ? Elle sourit. ? Et parce que je… ?
Elle s'arrête.
? Parce que ? ?
? Parce que je tiens à toi. ?
Mon c?ur fit un bond.
? Lise… ?
? Non, Laisse-moi finir. ? Elle prend une grande inspiration. ? Je sais que c'est compliqué. Je sais qu'on a des vies différentes. Mais… je m'en fous, moi Je tiens à toi. Et je veux… je veux être avec toi. je ne veux pas qu'on se voit seulement pour le business et être une amie ne me suffit pas. Alaric, je te veux…Pour moi toute seule. ?
Je l'ai fixé, incapable de parler.
? Dis quelque chose ?, murmura-t-elle.
? Je… ? Ma voix se casse. ? Moi aussi. Je tiens à toi plus que je ne le devrais. ?a va au-delà du raisonnable. ?
Elle sourit, les larmes aux yeux.
? Alors arrête de réfléchir et… laisse moi partager ta vie. ?
? D'accord. ?
? D'accord ? ?
? Oui. D'accord. ?
Elle se pencha, et m'embrassa.
Son baiser était doux et ses lèvres posées contre les miennes me chamboulaient l'esprit. je ne voulais plus la lacher. tout en gardant ma main dans ses cheveux, on s'embrassa, longtemps.
Puis on se sépara, fronts collés.
? Reste ce soir ?, ai-je murmuré.
? Dans la chambre d'amis ? ?
? Non dans la mienne. ?
Elle hésite. ? Alaric… ?
? On va juste dormir, Je te le promets, je veux être près de toi ce soir ?
Elle sourit. ? D'accord. ?
On monta dans ma chambre main dans la main et on s'est allongés, habillés. Elle était contre moi, sa tête posée sur mon torse.
? C'est bizarre ?, dit-elle.
? Quoi ?
? ?a, nous, ?a devrait être bizarre. ?
? Non. C'est… bien. ?
? Oui. ?
On s'endormit comme ?a, ensemble pour la première fois.
Le lendemain matin à mon réveil, elle dormait encore, le visage paisible.
Je l'ai regardé longtemps.
Je suis amoureux. Poutain. Je suis amoureux.
Elle ouvre les yeux et me vit la regarder.
? Bonjour, ? dit-elle.
? Bonjour. ?
? Tu me regardes dormir ? ?
? Peut-être. ?
Elle rit. ? C'est désinvolte. ?
? Désolé. ?
? Non. ? Elle sourit. ? Quand c'est toi j'aime bien. ?
On resta là , tout sourire à se regarder le sourire aux lèvres pendant dix minutes..
Puis Gregor frappa à la porte.
? Monseigneur ? Le carrosse pour Eclème est prêt. ?
Merde. Le bal.
J'avais presque oublié.
? On arrive, ? j'ai crié.
Lise se leva pour se préparer et ajuster sa robe.
? Tu es prête ? ? ai-je demandé.
? Toujours. ?
On partit pour Eclème avec Gregor qui conduisait et Lise et moi à l'arrière avec les cinquante bouteilles bien rangées dans des caisses.
? tu es nerveux ? ? demanda-t-elle.
? Un peu. ?
? Pourquoi ? ?
? C'est un bal royal, il y'a s?rement plein de nobles qui me détestent probablement. ?
? Ils ne te détestent pas. Ils ne te connaissent même pas. ?
? C'est encore pire. ?
Elle rit. ? Tout ira bien. Fais leur go?ter ton alcool, souris et sois charmant. ?
? Je ne sais pas être charmant. ?
? Alors sois toi-même. ?a marche très bien. ?
Je l'ai regardé. ? Merci. ?
? De quoi ? ?
? D'être là avec moi . ?
Elle prend ma main. ? Toujours. ?
Cette nuit-là, pendant le trajet, j'ai écrit dans mon journal. à la lueur d'une bougie.
Journal. Jour 110.
il y'a eu un feu dans mon et j'ai perdu Cinquante hectares de blé soit deux cents couronnes de récolte.
Mais j'ai gagné quelque chose.
Lise.
On est vraisemblablement ensemble. Enfin… autant qu'on peut l'être.
Demain, c'est le bal royal. Je vais vendre mon alcool, rencontrer des nobles et faire semblant d'être l'un d'eux. Mais pour l'instant, elle dort à c?té de moi. Et c'est tout ce qui compte.
J'ai posé la plume tout en regardant Lise, endormie contre la fenêtre du carrosse.
FIN DU CHAPITRE 6

